Une petite allée en brique donne sur le petit bourg près de la maison. Un petit bois où les arbres tombent presque, arment l'allée en lui donnant une atmosphère féerique , un décor qui vous donne envie de vous promener un moment en s'attardant sur les bord de rivière à écouter le bruit de l'eau vous bercer. Je me souviens de grandes vacances lorsque j'étais gosse , avec Bill on se déguisaient et l'on imitaient nos héros préférés dans ce petit bois. En fait , de retourner là où j'ai passé mon enfance réveil plus de souvenirs que je ne l'imaginait. Peu importe , maintenant je suis là et je vais y rester un peu . Au moins ici l'âme de mon frère et la mienne sont unis quoique l'on face.Ouai unis .
Le temps de descendre la pente qui m'amène au petit bourg , j'aperçois près de chez ce bon vieux Pato qui semble ne pas avoir bien changé et sa boutique de fruits frais , Neya. Ses cheveux châtains libérés ondulent au grès du vent tout en remplissant son panier de fruits rouge. Sa longue robe en lin que je distingue , bien trop habitué à ce genre de vêtement d'été , lui donne une allure de jeune femme fatal qu'elle accentue avec de petite sandale ouverte lui dessinant de jolie pieds. C'est une jeune fille agréable à dévisager, sa finesse dans ses gestes , son sourire d'enfant dégageant la blancheur de ses dents. Un vrai petit fantasme.
Les mains dans les poches et décontracté , je m'avance à sa rencontre étonné qu'elle soit avant moi dans ce petit bourg qui est à peine à cinq minutes à pied.
-Tiens que le monde est petit , lui adressait-je alors qu'elle me tourne son dos nue .
Dans une grâce qui lui est propre , elle pivote sur elle-même en faisant voler sa robe dans des ondulations. Lorsqu'elle m'aperçoit c'est avec des yeux rond qu'elle me salut . En un fragment de seconde je crus m'être trompé de personne , de jeune fille. C'était impossible puisque je venais de la voir ce matin , dans sa tenue aussi légère que le temps . Mais c'est une autre Neya qui me salue , plus sûr d'elle , plus mûre et encore plus ravissante . Est-ce l'effet de ses cheveux détachés qui lui donne un air plus âgée ? Peu importe . Voyant que je reste ébahit devant elle , elle me tend une fraise avec un petit sourire en coin .
-Monsieur Pato vient de les recevoir ce matin , elles sont fraiches et succulentes , goûtez . me susurre-elle du bout de ses lèvres gourmandes.La fraise qu'elle me tend est difforme et rongée à certains endroits mais préférant ne pas montrer mon dégoût je croque dedans à pleine dent . Elle a bien raison , les fraises sont succulentes . Un gloussement que je connais bien trop m'extrait de ce petit moment . Rondouillard dans son petit habit de fruitier , Monsieur Pato le regard éternellement pétillant , nous observe les deux mains dans son tablier vert où l'on peut y lire les initiales de la boutique.
-Eh bien ! En voilà une visite , est-ce le petit Tom qui adorait ces sucettes pétillantes ? , ricane ce bon vieux marchand dans une grosse voix .
-L'unique M'sieur Pato , m'exclamais-je stupéfait qu'il me reconnaisse après tant d'années
- Allons , rentrez avec votre amie pour boire un petit coup en l'honneur de votre retour , c'est moi qui offre ! , ajoute Monsieur Pato en tapant dans mon dos que je dépasse d'une tête .
Étant donné que je suis venus pour revoir de vieilles connaissances , pour moi , ça ne me déplait pas et je jettent un regard comme pour lui demander si cela ne lui dérange pas et tout deux d'un geste de la tête pour montrer notre accord, nous entrons. Neya emprunt une framboise avant d'entrer dans la boutique sous mon regard à la fois attendris et intrigué. Une vraie femme adolescente .
*
Les embouteillages dont on ne voit plus le bout , les hurlements des employés, les travaux en pleine route et sans parler des feux rouges qui lorsque c'est votre tour passe au rouge ne font qu'augmenter le taux d'énervement chez tout les habitants de Manhattan , et en particulier chez un certain Monsieur Kaulitz renommé supportant de moins en moins la vie urbaine .
-C'est la poisse cette ville ! J'en crois pas mes yeux , ça fait plus d'une heure que je suis bloqué , bordel !,hurle Bill transpirant l'agacement à vue d'½il.
Le chauffeur , un cure dent à la bouche se contente de ricaner face à sa réaction . Les embouteillages il en a connus des tonnes et des clients énervés de toute sorte. Bill qui n'arrive plus à patienter se précipite hors du taxi en lâchant des billets par la fenêtre du conducteur qui le salua de sa casquette. Dans sa course il trébuche une ou deux fois avant d'arriver , tant bien que mal , à la boutique la plus réputée de Manhattan qui est spécialisée dans les robes de mariée. Alors qu'il se précipite à l'intérieur du magasin , il trouve sa fiancée dans les mains de vendeuse qui ajuste sa robe . Allaitant à cause de sa course , suant avec la chaleur étouffante il dû s'assoir sur le premier tabouret avenant . Lorsque Kim l'aperçoit de son miroir géant , elle se rue vers lui visiblement énervée et accompagnée de la ribambelle de vendeuses , aiguilles à la bouche .
-Tu as vus l'heure Bill ?! Tu m'a laissée plus d'une heure avec ta tante , se précipite elle de lui dire alors qu'il étouffait .
- C'est ... les ... embouteillages ...désolé , réussit il à dire en ôtant sa cravate trop serrée .
Elle se relève brutalement en dégageant sa robe en marmonnant quelques chose d'inaudible tellement elle est énervée ,puis repris sa place sur le tabouret et tout ça sous les yeux affolés des vendeuses qui essayent tant bien que mal de réajuster la robe. Elle opta pour de la soie et du voile sous des couleurs crème , le haut sous la forme d'un bustier redonne de la forme à sa poitrine , le reste retombe dans une chute droite qui pointe à l'arrière. Il n'y avait pas de roses ni de n½uds. Un petit ruban chocolat orne son tour de taille pour tout de même casser la monotonie de la couleur crème. L'on lui servit un grand verre d'eau frais qu'il bu d'un trait .
- Et tout ça pour que cette robe me coupe la respiration , je te jure que tu me le payeras . reprend-elle de plus belle en jetant à terre un des gants qu'elle portait.
Il hausse les épaules et réajuste son costume . On lui présente le sien quand il reprit correctement ses esprits. Bill , depuis déjà son adolescence , prit une certaine importance concernant son apparence .Son ancien statut de rock star lui permis d'agrandir cette passion concernant les vêtement puisqu'aujourd'hui il tient une grande ligne de vêtement à son nom. Cependant il a un faible pour les costumes d'une des plus grandes marques de la mode : Prada . Il n'y avait pas un défilé qu'il loupa , ni aucunes nouvelles collections . Tout de Prada Bill en fait une addiction. Devant le miroir approprié pour s'observer , il se dévisage fière de lui , voire à la limite du narcissisme. Ne voyant aucun défaut au costume qu'il avait commandé sur mesure il le rendit et se rhabille pour rejoindre sa compagne qui n'est pas tout à fait satisfaite .
-Mais c'est quoi ce travail d'amateur ! En plus ce sont des rubans roses, l'horreur ! , s'affole Kim en essayant des les enlever en gesticulant sur elle-même .
-Ce n'est qu'un détail Kim , la robe te vas superbement donc cesse de hurler s'il te plaît , d'accord ? , tente de réconforter Bill en attrapant lui deux mains de façons à ce qu'elle le regarder droit dans les yeux.
Sous son sourire qui se voulait l'attendrir fit naitre au fond des yeux de Kim une noirceur traduisant son état d'euphorique. Elle bouille de plus en plus et Bill sent qu'elle va éclater d'une minute à l'autre. Il tente de l'adoucir du mieux qu'il peut en caressant d'un geste du pouce la paume de ses mains.
-Que ce passe-t-il? ,questionne-il doucement .
Il fit signe aux vendeuses de les laisser un moment seuls dans la pièce. Une fois seuls , Kim éclate. Elle se défait de sa robe qui lui empêche de respirer correctement. Sous les yeux affolés de Bill qui n'ose rien faire, elle jette à terre les gants , puis les bijoux et enfin les talons. Dans ses dessous de soie , Kim ressemble à un mannequin de lingerie , dans son corps sculpté remontant une poitrine d'une rondeur superbe s'alliant à des rondeurs trop parfaites , elle reste debout sur ses longues jambes fines et bronzées comme tout son corps. Elle enfile sa paire d'escarpin Chloé puis une jupe bustier qui lui dessine sa silhouette dans les moindres détails. Il ramasse un de ses vêtements qu'il respire sans qu'elle le voit et s'assoit débecté par la scène.
- Voilà à quoi je ressemble maintenant , à rien ! , se plaint elle en sortant de son mini sac à main un tube de gloss
- Tu es splendide mon ange alors arrête de ...
- Bill , on est seul alors cesse de m'appeler par ce nom ridicule , veux tu? J'en peux plus de faire semblant , tu vois . Qu'est ce qu'il t'a prit quand j'étais chez ta tante à me demander en mariage ?! Le contrat c'est le contrat merde. Regarde dans quelle merde je suis maintenant ! , coupe elle sèchement dans un souffle .
-Attend , ça signifie quoi là ?
-Que je me barre !
Arrachant des mains de Bill son gilet , elle se dirige vers la porte menant à la sortie et lui glissant un dernier regard puis elle claque violemment la porte pour disparaitre. Ne sachant pas quoi faire ni dire , il s'écroule sur le siège , la tête dans les mains.